Chaque marché public déclaré porte un code CPV, le vocabulaire commun européen qui dit ce qui a été acheté. 9 454 codes, une nomenclature officielle, et pourtant : 1 303 683 euros de gaz naturel classés en « services pyrotechniques », une centrale solaire photovoltaïque au même rayon, et le remorquage de pontons flottants juste à côté. Ajoutez 48 781 lignes publiées en double, 4 marchés déclarés à 2 147 483 647 euros exactement, soit la plus grande valeur qu'un entier de 32 bits puisse contenir, et 41 comptes qu'aucune nomenclature ne nomme plus. Le portrait d'une transparence qui existe sans être relue.
La Ville de Paris publie 17 639 marchés notifiés entre 2013 et 2024, pour 33 milliards d'euros de plafonds. On y trouve un lot de trapèze volant, huit millions d'euros de ramassage de cadavres de rongeurs, des pigeonniers contraceptifs et des chiens renifleurs de punaises de lit. On y trouve aussi les manies d'une administration : 314 marchés au même montant rond, et une durée de prédilection qui est exactement le maximum légal.
La Base Adresse Nationale contient 26 061 878 adresses, soit 2 193 358 voies une fois les doublons de numéros retirés. On y trouve des rues du Chat qui Pêche, des chemins de la Fin du Monde, des voies sans nom, et 98 champs « nom de voie » remplis avec autre chose qu'un nom. Puis, une fois les graphies normalisées, le classement dit une France de clochers, de moulins et d'hommes.
Le répertoire national recense 1 967 534 associations actives, chacune avec un objet écrit à la main. 4 835 tiennent en un seul mot, 411 mots ne servent qu'à une association dans tout le pays, et 16 275 objets ne contiennent aucune lettre.