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Feux d'artifice, sapins floqués et bulletins municipaux : les 1,10 milliard d'euros que les communes consacrent à la fête

La DGFiP publie le détail comptable de chaque commune. En additionnant les comptes de fêtes, de cérémonies, de réceptions et de communication, on obtient 1 098 746 977 euros pour le seul exercice 2024. La médiane est de 13,66 euros par habitant, neuf communes sur dix restent sous 33,57 euros, et la première du classement en dépense 228,06. Reste que 25 024 communes sur 34 518 ne disent pas ce que couvre cette ligne : elles déclarent un montant global sans le ventiler.

DGFiP · BALANCES COMPTABLES 2024

1,10 Md€

de fêtes, de cérémonies, de réceptions et de communication dans les comptes des communes, pour le seul exercice 2024. Ce chiffre n'était publié nulle part : il faut additionner 9 comptes, dans 34 518 balances communales, pour l'obtenir.

Le plan comptable de la République prévoit une ligne pour les fêtes

Chaque euro dépensé par une commune est rangé dans une case, et les cases ne sont pas choisies par la mairie : elles viennent d'un plan comptable national, le même pour tout le monde. Un compte est une case, désignée par un numéro. Plus le numéro est long, plus la case est petite. Le 6 initial dit « charge de fonctionnement », le 62 dit « service extérieur », le 623 dit « Publicité, publications, relations publiques », et au bout de la branche, il y a ceci :

6232 « Fêtes et cérémonies »

Ce compte existe, il est officiel, et il pèse 533 millions d'euros en 2024, toutes collectivités confondues. C'est le plus gros des 9 comptes que nous avons réunis. Il n'y a rien de clandestin là-dedans : la comptabilité publique a prévu, noir sur blanc, une case pour le 14 juillet, le vin d'honneur, la fête de la musique et les colis des anciens. Ce qui est intéressant commence après.

Comment ce chiffre est calculé : ce que nous appelons une dépense festive, et ce que le plan comptable appelle vraiment ces comptes

regroupement éditorial de comptes du plan comptable, pas une nomenclature officielle. Les codes et leurs libellés sont sourcés, la famille dans laquelle on les range est notre décision. Trois familles, 9 comptes :

  • Fêtes, réceptions, foires : comptes 6232, 6233, 6234, 6257
  • Communication, publications, annonces : comptes 6231, 6236, 6237, 6238
  • Compte agrégé, non détaillé : compte 623

Deux de ces comptes ne portent aucun libellé, ni dans la nomenclature M14, ni dans la M52, ni dans les cinq variantes de la M57 : 6237 et 6257. Nous les gardons avec leur code nu, sans leur inventer un intitulé.

Ce que le chiffre ne dit pas : la destination réelle de la dépense. « fêtes et cérémonies » porte le feu d'artifice du 14 juillet, les colis des anciens et la fête de la musique : le chiffre est vrai, la lecture morale ne l'est pas. Un lecteur qui préférerait un périmètre plus étroit peut retirer la famille communication du total : le graphique suivant donne compte par compte de quoi ces euros sont faits.

Exemple
Le compte 6232 « Fêtes et cérémonies » pèse 533 054 549 € et le compte 6238 364 997 914 €. Nous rangeons le premier dans la famille « fêtes », le second dans « communication » : aucune nomenclature officielle ne crée ces deux familles.

Balances comptables 2024, Direction générale des finances publiques (DGFiP), Licence ouverte · plan des comptes développé M14, M52 et M57, DGCL · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Les 9 comptes que nous additionnons, exercice 2024, toutes collectivités confondues
Les 9 comptes que nous additionnons, exercice 2024, toutes collectivités confondues : total 2 061 M€6232 Fêtes et cérémonies : 533 M€ (25,9 %)25,9 %6238 Divers : 365 M€ (17,7 %)17,7 %6236 Catalogues et imprimés et publications : 323 M€ (15,7 %)15,7 %6231 Annonces et insertions : 259 M€ (12,6 %)12,6 %623 Publicité, publications, relations publiques : 258 M€ (12,5 %)12,5 %6234 Réceptions : 151 M€ (7,3 %)6233 Foires et expositions : 121 M€ (5,9 %)6237, libellé absent : 36 M€ (1,8 %)6257, libellé absent : 15 M€ (0,7 %)
  • 6232 Fêtes et cérémonies · 25,9 %
  • 6238 Divers · 17,7 %
  • 6236 Catalogues et imprimés et publications · 15,7 %
  • 6231 Annonces et insertions · 12,6 %
  • 623 Publicité, publications, relations publiques · 12,5 %
  • 6234 Réceptions · 7,3 %
  • 6233 Foires et expositions · 5,9 %
  • 6237, libellé absent · 1,8 %
  • 6257, libellé absent · 0,7 %
Valeurs portées par le graphique
6232 Fêtes et cérémonies533 M€25,9 %
6238 Divers365 M€17,7 %
6236 Catalogues et imprimés et publications323 M€15,7 %
6231 Annonces et insertions259 M€12,6 %
623 Publicité, publications, relations publiques258 M€12,5 %
6234 Réceptions151 M€7,3 %
6233 Foires et expositions121 M€5,9 %
6237, libellé absent36 M€1,8 %
6257, libellé absent15 M€0,7 %
Total2 061 M€100 %
Total 2 060 637 215 €. C'est le seul graphique de ce dossier qui ne porte pas sur les seules communes : le fichier ne croise pas le compte avec la catégorie de collectivité. Le compte 623 est le parent des sept autres, il n'est pas leur somme.

Les communes n'ont pas le monopole de la fête

Le même arbre de comptes existe pour les intercommunalités, les départements, les régions, les syndicats et les établissements publics locaux, et il totalise 2,06 milliards d'euros. Les communes en portent 53,3 %.

Ces catégories ne s'additionnent pas en un chiffre qui serait « la fête en France », et il faut le dire tout de suite : une commune qui ne dépense rien peut simplement avoir confié ses animations à son intercommunalité. C'est pour cette raison que tout le reste de ce dossier ne parle que des communes, de leur budget principal, et du seul exercice 2024.

Comptes de fête et de communication, exercice 2024, par catégorie de collectivité
Communes1 099 M€
Groupements à fiscalité propre276 M€
Départements191 M€
Établissements publics locaux187 M€
Régions176 M€
Syndicats84 M€
Métropole de Lyon15 M€
Ville de Paris13 M€
Établissements publics territoriaux11 M€
Collectivités territoriales uniques9 M€
Les catégories sont celles du fichier de la DGFiP, qui ne les désigne que par un sigle : les libellés viennent de la nomenclature des catégories de collectivités. Elles ne se somment pas en un total lisible : une dépense portée par un groupement ne figure pas dans les comptes de ses communes membres.

Un milliard d'euros, c'est un pour cent du budget

Un milliard d'euros ne veut rien dire tant qu'on ne l'a pas posé à côté d'autre chose. Les charges de fonctionnement des communes, budgets principaux et même exercice, pèsent 83,31 milliards d'euros. La fête et la communication en représentent 1,32 %.

C'est peu, et ce n'est pas une raison de refermer le fichier : c'est un pour cent que personne n'avait mesuré, dont les sept dixièmes ne sont pas détaillés, et dont l'écart d'une commune à l'autre va de un à plus de dix. Un pour cent mal connu reste mal connu.

Part de la fête et de la communication dans les charges de fonctionnement, exercice 2024
Communes1,32 %
Établissements publics locaux1,12 %
Groupements à fiscalité propre0,83 %
Établissements publics territoriaux0,72 %
Métropole de Lyon0,56 %
Régions0,55 %
Collectivités territoriales uniques0,33 %
Syndicats0,32 %
Départements0,26 %
Ville de Paris0,17 %
La part festive est le rapport de la dépense festive et de communication aux charges de la même catégorie. C'est le repère qui manque à un total national : sans lui, un milliard d'euros ne se compare à rien. Les catégories sont celles du fichier de la DGFiP et ne s'additionnent pas.

Le confinement a fait ce qu'aucune économie budgétaire n'avait fait

Le fichier remonte à 2019, et cette profondeur donne la seule expérience naturelle qu'on pouvait espérer sur ce sujet : une année où la France a cessé de faire la fête par décret. En 2020, les comptes festifs des communes tombent à 597 millions d'euros, contre 956 en 2019, soit 37,6 % de moins. Aucune circulaire d'économies n'a jamais obtenu cela.

La suite est tout aussi nette : la dépense revient à son niveau d'avant dès 2022, puis le dépasse. En 2025, elle est 19,5 % au-dessus de 2019. Ce que le confinement a interrompu, il ne l'a pas réduit.

Comptes de fête et de communication des communes, par exercice, en millions d'euros
0 M€571,2 M€1 142,3 M€2019 · 955,6 M€2020 · 596,7 M€2025 · 1 142,3 M€2019 : 955,6 M€2019 · 955,6 M€2020 : 596,7 M€2020 · 596,7 M€2021 : 736,7 M€2021 · 736,7 M€2022 : 954 M€2022 · 954 M€2023 : 1 030,7 M€2023 · 1 030,7 M€2024 : 1 098,7 M€2024 · 1 098,7 M€2025 : 1 142,3 M€2025 · 1 142,3 M€20192025

Budgets principaux des communes, familles fêtes, réceptions, foires, communication, publications, annonces, compte agrégé, non détaillé confondues. Une catégorie dont un exercice manque n'a pas dépensé zéro : le fichier de cet exercice n'est pas téléchargé. Vérifier `perimetre.lignes_par_famille` avant de lire une évolution.

Comment ce chiffre est calculé : pourquoi cette courbe ne se lit pas comme une évolution des fêtes

La courbe additionne les huit comptes des trois familles, exercice par exercice, pour les communes seules. Deux effets s'y superposent et il faut les séparer.

Le premier est réel : en 2020, les fêtes n'ont pas eu lieu. Le second est comptable : la part déclarée sur le compte agrégé, sans détail, augmente d'un exercice à l'autre à mesure que les communes basculent leur nomenclature. Une hausse de cette ligne ne dit pas qu'une commune dépense plus, elle dit qu'elle déclare moins finement.

Ce que le chiffre ne dit pas : la comparaison suppose que le même nombre de communes déclare chaque année, ce qui n'est pas garanti. Une commune absente d'un exercice n'a pas dépensé zéro, son fichier ne la porte pas. C'est pourquoi la courbe n'est jamais lue au dixième de point, et pourquoi aucun classement de cet article n'utilise deux exercices.

Exemple
Le compte agrégé 623, celui des communes qui ne détaillent pas, passe de 16 654 833 euros en 2019 à 251 719 886 euros en 2025, soit 15,1 fois plus.

Balances comptables 2019 à 2025, Direction générale des finances publiques (DGFiP), Licence ouverte · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Un total national ne dit rien à personne

Un total national est un chiffre inerte. La question qu'un habitant se pose est celle de sa commune, et pour la poser il faut ramener la dépense au nombre d'habitants. C'est là que le fichier devient intéressant, parce qu'il ne donne pas une valeur : il donne un éventail.

Comment ce chiffre est calculé : pourquoi le classement s'arrête aux communes de 3 000 habitants

Sous 3 000 habitants, un seul feu d'artifice déplace le ratio de plusieurs dizaines d'euros par habitant. À titre d'illustration, une commune de trois cents habitants qui achète un spectacle à quinze mille euros affiche cinquante euros par habitant sans avoir rien fait d'exceptionnel. Le seuil écarte donc les communes où le hasard d'une année pèse plus que la politique festive.

Périmètre retenu : principal seul (cbudg = 1), comptes de l'exercice, annuels et exhaustifs. Les montants de marchés ne servent jamais à classer : leur durée déclarée va de 1 à 48 mois et leur montant est un plafond, pas une dépense.

Ce que le chiffre ne dit pas : le seuil crée son propre angle mort, et il coupe dans les deux sens. Les Allues, la commune de Méribel, pèse moins que le seuil et n'apparaît donc dans aucun classement par habitant, alors qu'elle a déclaré dans la commande publique un marché d'illuminations festives que beaucoup de villes moyennes lui envieraient. Le ratio la cache, l'autre fichier la retrouve. Plus largement, les 30 745 communes écartées ne dépensent pas moins : elles sont soit trop petites pour être comparées, soit absentes de ces comptes, ce qui ne veut pas dire zéro. Une collectivité absente d'un compte fin le déclare au niveau agrégé, elle ne dépense pas zéro.

Exemple
Le classement porte sur 3 773 communes, sur 34 518 présentes dans le fichier : celles d'au moins 3 000 habitants qui déclarent une dépense sur ces comptes.

Balances comptables 2024, Direction générale des finances publiques (DGFiP) · population légale : Population légale des communes, API géo, Etalab, d'après l'INSEE · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Sur les 3 773 communes classées, une sur deux dépense moins de 13,66 euros par habitant et par an, soit le prix d'un sandwich. Neuf sur dix restent sous 33,57 euros. Puis la courbe décroche : Cabourg, 3 725 habitants, affiche 228,06 euros par habitant, soit 16,7 fois la médiane, et 37,7 fois le premier décile.

L'histoire n'est donc pas « les communes dépensent trop ». C'est qu'à service comparable et à population comparable, l'écart entre deux mairies françaises va de un à plus de dix, et que personne ne l'avait mesuré.

Dépense de fête et de communication par habitant, 3 773 communes de plus de 3 000 habitants
Dépense de fête et de communication par habitant, 3 773 communes de plus de 3 000 habitants : médiane 13,66 € 5880médiane 13,66 €Cabourg · 228,06 €de 0 € à 3 € : 44 (1,2 %)0 € · 44de 3 € à 6 € : 264 (7 %)3 € · 264de 6 € à 8 € : 527 (14 %)6 € · 527de 8 € à 11 € : 588 (15,6 %)8 € · 588de 11 € à 14 € : 517 (13,7 %)11 € · 517de 14 € à 17 € : 427 (11,3 %)14 € · 427de 17 € à 20 € : 303 (8 %)17 € · 303de 20 € à 22 € : 228 (6 %)20 € · 228de 22 € à 25 € : 185 (4,9 %)22 € · 185de 25 € à 28 € : 125 (3,3 %)25 € · 125de 28 € à 31 € : 100 (2,7 %)28 € · 100de 31 € à 34 € : 84 (2,2 %)31 € · 84de 34 € à 36 € : 76 (2 %)34 € · 76de 36 € à 39 € : 46 (1,2 %)36 € · 46de 39 € à 42 € : 34 (0,9 %)39 € · 34de 42 € à 45 € : 34 (0,9 %)42 € · 34de 45 € à 47 € : 27 (0,7 %)45 € · 27de 47 € à 50 € : 22 (0,6 %)47 € · 22de 50 € à 53 € : 22 (0,6 %)50 € · 22de 53 € à 56 € : 16 (0,4 %)53 € · 16de 56 € à 59 € : 12 (0,3 %)56 € · 12de 59 € à 61 € : 16 (0,4 %)59 € · 16de 61 € à 64 € : 10 (0,3 %)61 € · 10de 64 € à 67 € : 66 (1,7 %)64 € · 660 €67 € et au-delà
Valeurs portées par le graphique
Décile 16,05 €
Décile 28,03 €
Décile 39,70 €
Décile 411,59 €
Médiane (décile 5)13,66 €
Décile 616,01 €
Décile 719,22 €
Décile 823,85 €
Décile 933,57 €
Cabourg228,06 €
Moyenne 17,78 €, écart-type 15,21 €, minimum 0,35 €. La moyenne dépasse la médiane de 4,12 € : c'est la signature d'une queue de distribution très étirée, celle que la dernière barre résume. · Dernière barre : 67 € et au-delà, 60 valeurs regroupées (1,6 % du total).
Cabourg (3 725 habitants), dépense par habitant : 228,06 €
Cabourg (3 725 habitants), dépense par habitant : 228,06 €médiane 13,66 €228,06 € ▸ hors échelleD1 6,05 €D9 33,57 €

16,7 fois la médiane (13,66 €) · au-delà du neuvième décile, hors échelle

Total 849 532 € sur l'exercice 2024, dont 658 047 € de fêtes, réceptions et foires. La commune compte 79,7 % de résidences secondaires.

ET VOTRE COMMUNE ?

Les 34 518 communes qui ont déclaré une dépense sur ces comptes sont consultables une par une. Tapez un nom, un code INSEE ou un numéro de département, et la page vous dit combien la commune a dépensé, sur quelles familles de comptes, et où elle se situe dans l'éventail que vous venez de lire.

Chercher ma commune

25 024 communes n'y apparaissent qu'avec un montant global, sans le détailler : la page le dit alors explicitement, parce que ne pas détailler n'est pas la même chose que ne pas dépenser.

Les 15 premières communes, dépense de fête et de communication par habitant, exercice 2024

CommuneHabitantsTotaldont fêtesPar habitantRés. sec.
Cabourg3 725849 532 €658 047 €228,06 €79,7 %
Jonzac3 602535 929 €506 950 €148,79 €23,5 %
La Tranche-sur-Mer3 136463 858 €389 028 €147,91 €79,4 %
Saint-Pierre3 961557 729 €525 563 €140,81 €3,3 %
Leucate4 562613 949 €405 584 €134,58 €83,9 %
La Croix-Valmer3 855498 836 €375 150 €129,40 €70,6 %
Nogent-sur-Seine5 537714 775 €439 298 €129,09 €4,5 %
Gravelines11 4301 357 232 €1 247 285 €118,74 €4,3 %
Bormes-les-Mimosas8 5451 012 133 €789 406 €118,45 €60,9 %
Trith-Saint-Léger6 019712 293 €646 178 €118,34 €1,3 %
Saint-Tropez3 582422 987 €260 622 €118,09 €68,3 %
Le Barcarès6 109708 823 €12 740 €116,03 €79,1 %
Grosseto-Prugna3 900452 305 €269 829 €115,98 €61,5 %
Noirmoutier-en-l'Île4 505516 837 €375 437 €114,73 €68,7 %
Le Lavandou6 646755 076 €493 534 €113,61 €71,5 %

BALANCES COMPTABLES 2024, DGFiP · COMMUNES DE PLUS DE 3 000 HABITANTS · CALCUL LFA

La première explication qui vient à l'esprit, et pourquoi elle tombe

Cabourg, La Tranche-sur-Mer, La Croix-Valmer : à lire les premières lignes du tableau, la réponse semble évidente. Ce sont des stations balnéaires, elles accueillent en août dix fois leur population, et le dénominateur du ratio ne compte que les résidents. Nous avons voulu le mesurer plutôt que de le supposer.

Comment ce chiffre est calculé : ce que vaut, et ne vaut pas, un euro par habitant, et comment nous avons testé l'hypothèse touristique

Le ratio divise la dépense de l'exercice par la population légale. Un classement en euros par habitant est dominé par les communes touristiques : la population résidente n'est pas le bon dénominateur pour une station qui accueille dix fois ses habitants en août.

Pour mesurer le poids touristique d'une commune, il n'existe pas d'indicateur national de la fréquentation. Le seul substitut disponible partout est la part de résidences secondaires du recensement : seul indicateur national du poids touristique d'une commune, agrégé de l'IRIS à la commune. Nous avons calculé le coefficient de corrélation de Pearson entre cette part et la dépense par habitant, sur les 3 754 communes classées que le recensement couvre. Il vaut +0,42, ce qui correspond à 18,0 % de la variance : réel, et loin de tout expliquer.

Un coefficient de Pearson mesure une association linéaire et rien d'autre. Il ne dit pas la cause, et il ne dit rien du haut du classement, où se trouvent justement les valeurs intéressantes.

Ce que le chiffre ne dit pas : la taxe de séjour corrigerait en partie le dénominateur, mais elle n'est publiée que pour les communes qui la perçoivent en propre, et elles sont une minorité : une absence de taxe de séjour ne prouve pas une absence de tourisme. Le millésime du recensement n'est pas celui de la population légale, et les deux ne sont jamais divisés l'un par l'autre.

Exemple
Cabourg dépense 849 532 € pour 3 725 habitants, soit 228,06 € par habitant. La même somme dans une commune de 11 430 habitants donnerait 74,3 €.

Balances comptables 2024, Direction générale des finances publiques (DGFiP) · Recensement de la population 2020, base logement à l'IRIS, INSEE · population légale : API géo, Etalab, d'après l'INSEE · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Le nuage de points est parlant. Il y a bien une pente, et elle monte. Mais elle est douce, et le haut du graphique est peuplé de communes qui n'ont rien de balnéaire.

part de résidences secondaires contre budget festif par habitant, 3 754 communes
part de résidences secondaires contre budget festif par habitant, 3 754 communes : dépense par habitant selon part de résidences secondaires 0 €30 €60 €CabourgSaint-PierreNogent-sur-SeineGravelinesTrith-Saint-LégerLoon-PlagePérolsr = +0,42part de résidences secondaires (%)dépense par habitant (€)
Recensement de la population 2020, base logement à l'IRIS, INSEE, agrégé à la commune. 19 communes classées en sont absentes et ne figurent pas ici. Un coefficient de Pearson mesure une association linéaire et rien d'autre. Il ne dit pas la cause, et il ne dit rien du haut du classement, où se trouvent justement les valeurs intéressantes. Les communes nommées en rouge sont reprises dans le graphique et le tableau suivants. · 82 points au-delà de 60 € sont ramenés sur la ligne du haut, en rouge, pour que le reste du nuage reste lisible. · Une corrélation n’est pas une causalité : elle mesure un lien statistique, pas un effet.

Voici les six communes du haut de classement qui comptent moins de cinq pour cent de résidences secondaires. Trith-Saint-Léger en compte 1,3 %, Loon-Plage en compte 0,3 %, ce qui est à peu près le contraire d'une station. Elles dépensent pourtant entre 108,55 et 140,81 euros par habitant, quand la médiane nationale est à 13,66.

Les communes du haut de classement qui ne sont pas touristiques
Saint-Pierre · 3,3 % rés. sec.140,81 € par habitant
Nogent-sur-Seine · 4,5 % rés. sec.129,09 € par habitant
Gravelines · 4,3 % rés. sec.118,74 € par habitant
Trith-Saint-Léger · 1,3 % rés. sec.118,34 € par habitant
Loon-Plage · 0,3 % rés. sec.108,59 € par habitant
Pérols · 4,9 % rés. sec.108,55 € par habitant
Communes du classement dont la part de résidences secondaires est inférieure à cinq pour cent. Médiane nationale : 13,66 € par habitant. Rien, dans les fichiers que nous avons croisés, n'explique ces communes : ni le tourisme, ni la taille, ni la nature de la dépense. C'est une piste ouverte, et nous préférons le dire que d'inventer une cause.

Une commune du haut de classement n'a presque pas fait la fête

Il faut maintenant retourner le classement contre lui-même, parce qu'une de ses lignes montre exactement ce que notre regroupement en familles a de fragile. Le Barcarès, 6 109 habitants, 116,03 euros par habitant, arrive au 12e rang. Sur ses 708 823 euros, 696 084 euros sont sur les comptes de communication et de relations publiques, et 12 740 euros seulement sur ceux des fêtes. Soit 98,2 % d'un côté, le reste de l'autre.

Cette commune ne paie pas des feux d'artifice : elle paie sa vitrine. C'est un choix parfaitement licite, et ce n'est pas la même dépense. Nous avons regardé les 50 premières communes du classement une par une : elles sont un dans ce cas, une ligne festive dont plus de quatre cinquièmes sont de la communication.

Nous la laissons dans le classement plutôt que de l'en retirer, et nous publions la ventilation par famille à côté de chaque total, pour une raison de méthode : regroupement éditorial de comptes du plan comptable, pas une nomenclature officielle. Les codes et leurs libellés sont sourcés, la famille dans laquelle on les range est notre décision. Écarter une commune parce que sa composition nous dérange, ce serait décider après coup de ce que le classement doit montrer. Le lecteur qui veut le classement des fêtes seules a les deux colonnes sous les yeux.

Le Barcarès, exercice 2024 : ce que contient sa ligne festive
Le Barcarès, exercice 2024 : ce que contient sa ligne festive : total 708 823 €Fêtes, réceptions, foires : 12 740 € (1,8 %)Communication, publications, annonces : 696 084 € (98,2 %)98,2 %
  • Fêtes, réceptions, foires · 1,8 %
  • Communication, publications, annonces · 98,2 %
Valeurs portées par le graphique
Fêtes, réceptions, foires12 740 €1,8 %
Communication, publications, annonces696 084 €98,2 %
Total708 823 €100 %
Même regroupement que pour les 3 773 autres communes classées, appliqué sans exception. La comparaison avec le graphique national plus haut donne la mesure de l'écart : à l'échelle des communes françaises, la communication pèse 31,1 % du total.

72,5 % des communes ne disent pas sur quoi porte cette ligne

C'est le résultat le plus solide de ce dossier, et il ne parle pas d'argent : il parle de finesse de déclaration. Souvenez-vous de l'arbre de comptes. Une commune peut déclarer dans les petites cases, ou tout poser dans la grande case parente, le 623, dont le libellé officiel est « Publicité, publications, relations publiques » et qui ne distingue ni la fête, ni la réception, ni le bulletin municipal.

Sur 34 518 communes, 25 024 choisissent la grande case, et 9 493 seulement ventilent. Sept sur dix, donc, ne laissent aucune trace publique de ce que finance leur ligne de festivités. Ce n'est ni illégal ni caché : le plan de comptes abrégé est autorisé, et il dépend de la taille de la collectivité. Il reste qu'aucun habitant de ces 25 024 communes ne peut savoir, en lisant les comptes de sa mairie, si la ligne paye un feu d'artifice ou l'impression du journal municipal.

Et surtout, une commune qui ne ventile pas n'a pas dépensé moins : elle a déclaré moins finement. Confondre les deux serait la pire lecture possible de ce fichier.

Comment ce chiffre est calculé : pourquoi le compte 623 peut s'additionner aux sept autres sans compter deux fois les mêmes euros

Dans un plan comptable, un compte à trois chiffres est le parent des comptes à quatre chiffres qui commencent par les mêmes. Additionner un parent et ses enfants compte donc, en principe, deux fois les mêmes euros, et c'est l'erreur la plus banale de l'analyse de balances comptables. Nous avons vérifié plutôt que de supposer, en comptant combien de communes renseignent les deux niveaux à la fois. Le compte 623 est le parent des sept autres. Ils sont exclusifs dans les faits, ce qui autorise à les sommer.

À quel niveau les communes déclarent leurs dépenses de fête et de communication
Seulement le compte agrégé 62325 024
Seulement les comptes fins9 493
Les deux à la fois1
La troisième barre est la mesure du risque de double compte. Elle vaut une commune sur l'ensemble du pays, pour des montants nuls.

Ce que le chiffre ne dit pas : pourquoi une commune choisit un niveau plutôt que l'autre. La nomenclature applicable et le régime abrégé dépendent de la taille et du statut de la collectivité, que le fichier ne donne pas ligne à ligne. Une commune qui ne ventile pas n'a rien à se reprocher, et n'a rien à montrer non plus.

Exemple
Sur 34 518 communes, 25 024 ne déclarent que le compte 623, 9 493 ne déclarent que les comptes fins, et 1 déclare les deux. C'est cette dernière mesure, et elle seule, qui autorise l'addition.

Balances comptables 2024, Direction générale des finances publiques (DGFiP), Licence ouverte · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Les 1,10 Md€ des communes, par famille de comptes
Les 1,10 Md€ des communes, par famille de comptes : total 1 099 M€Fêtes, réceptions, foires : 511 M€ (46,5 %)46,5 %Communication, publications, annonces : 342 M€ (31,1 %)31,1 %Compte agrégé, non détaillé : 246 M€ (22,4 %)22,4 %
  • Fêtes, réceptions, foires · 46,5 %
  • Communication, publications, annonces · 31,1 %
  • Compte agrégé, non détaillé · 22,4 %
Valeurs portées par le graphique
Fêtes, réceptions, foires511 M€46,5 %
Communication, publications, annonces342 M€31,1 %
Compte agrégé, non détaillé246 M€22,4 %
Total1 099 M€100 %
22,4 % du total, soit 245 645 224 €, est posé sur le seul compte agrégé, celui qui ne dit pas ce qu'il finance.

L'angle mort ne s'arrête pas là. En chargeant les huit nomenclatures officielles disponibles pour donner un nom à chaque code, nous sommes tombés sur 41 comptes qu'aucune d'entre elles ne nomme, alors que chacun est renseigné par plus de cinq cents collectivités. Le premier, le 4511, est utilisé par 8 871 collectivités pour 292 millions d'euros. Le 6237, qui appartient à notre propre périmètre, est renseigné par 3 094 collectivités. L'explication la plus probable est prosaïque : le plan des comptes a changé, l'usage non. Nous ne leur inventons aucun libellé.

Huit comptes très utilisés qu'aucune nomenclature officielle ne nomme

CompteCollectivitésSolde cumulé
45118 871291 776 260 €
7483747 46180 510 351 €
45125 865253 905 281 €
45133 265178 862 326 €
62373 09436 072 321 €
758832 5556 983 309 €
73952 0180 €
45141 994154 451 194 €

41 COMPTES CONCERNÉS · HUIT NOMENCLATURES CHARGÉES, AUCUN LIBELLÉ TROUVÉ · CALCUL LFA

Alors nous avons changé de fichier

Si les comptes ne disent pas ce qui a été acheté, une autre source peut le dire. Les données essentielles de la commande publique obligent les acheteurs publics à déclarer chaque marché avec son objet, son montant, sa durée et un code de nomenclature européenne. En rapprochant les deux fichiers par le numéro SIREN de la collectivité, on obtient, pour certaines communes, le « quoi » à côté du « combien ».

Pour certaines seulement, et jamais dans les mêmes unités. Deux précautions doivent être posées avant d'aller plus loin, faute de quoi tout ce qui suit serait faux.

Comment ce chiffre est calculé : pourquoi un montant de marché ne se compare jamais à une dépense de l'exercice

Un compte porte ce qui a été payé pendant l'année. Un marché porte ce que la collectivité s'autorise à commander, parfois sur quatre ans, et qu'elle peut ne jamais consommer. Un compte porte la dépense de l'exercice, un marché un plafond souvent pluriannuel et parfois jamais consommé. Ces deux montants ne s'additionnent pas, ne se soustraient pas et ne se divisent pas l'un par l'autre : ce sont deux couches, comme le parc de radars et les flashs de 2017.

Les deux couches ne couvrent d'ailleurs pas la même période : les notifications de marchés vont de 2010 à 2026, quand les comptes portent sur le seul exercice 2024. Un nombre de marchés posé à côté d'une dépense annuelle est donc un cumul pluriannuel, et se lit année par année.

Marchés déclarés dans les données essentielles de la commande publique, par année de notification
0117 285,5234 5712010 : 5 marchés notifiés2010 · 5 marchés notifiés2011 : 5 marchés notifiés2011 · 5 marchés notifiés2012 : 16 marchés notifiés2012 · 16 marchés notifiés2013 : 7 marchés notifiés2013 · 7 marchés notifiés2014 : 25 marchés notifiés2014 · 25 marchés notifiés2015 : 20 marchés notifiés2015 · 20 marchés notifiés2016 : 70 marchés notifiés2016 · 70 marchés notifiés2017 : 95 marchés notifiés2017 · 95 marchés notifiés2018 : 245 marchés notifiés2018 · 245 marchés notifiés2019 : 1 147 marchés notifiés2019 · 1 147 marchés notifiés2020 : 3 835 marchés notifiés2020 · 3 835 marchés notifiés2021 : 11 751 marchés notifiés2021 · 11 751 marchés notifiés2022 : 23 244 marchés notifiés2022 · 23 244 marchés notifiés2023 : 52 400 marchés notifiés2023 · 52 400 marchés notifiés2024 : 215 211 marchés notifiés2024 · 215 211 marchés notifiés2025 : 234 571 marchés notifiés2025 · 234 571 marchés notifiés2026 : 97 634 marchés notifiés2026 · 97 634 marchés notifiés20102026

La déclaration ne devient massive qu'après 2023. L'année 2026 est incomplète au jour du tirage.

Ce que le chiffre ne dit pas : ce qui a réellement été payé. Le fichier porte aussi des lignes aberrantes, écartées au-delà de 500 000 000 €, parce qu'un marché déclaré à ce niveau est une faute de saisie et non un marché. 211 lignes sont dans ce cas, comptées à part et jamais retirées en silence. En conséquence, aucun classement de ce dossier n'utilise un montant de marché. Les marchés servent à dire quoi, jamais combien.

Exemple
Le premier marché festif de Leucate porte 121 250 € sur 36 mois. Ce montant est un plafond pluriannuel : il ne se compare pas, ni ne se soustrait, à une dépense de l'exercice 2024.

Données essentielles de la commande publique, marchés valides, arrêté du 22 décembre 2022, Ministères économiques et financiers · SIREN de la collectivité, en clair dans les balances, neuf premiers signes du SIRET de l'acheteur dans la DECP · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

Comment ce chiffre est calculé : comment les marchés publiés en double sont écartés, et dans quel sens l'erreur penche

Un même marché est republié à chaque mise à jour du fichier, et souvent avec une ponctuation ou une casse différente. La clé de dédoublonnage retenue est donc : acheteur, montant, code CPV, date de notification, durée. Sans l'objet, dont la casse et la ponctuation varient d'une republication à l'autre.

Un exemple de ligne réellement écartée : « TRANSPORTS SCOLAIRES ADAPTES 2024-25 », 80 000 € sur 24 mois, notifiée le 26/08/2024, déclarée deux fois à l'identique par le même acheteur. Il n'y a là qu'un marché.

Le sens de l'erreur est connu et assumé : la règle sous-compte : deux lots réellement distincts de même montant, même objet et même date sont fusionnés. Sous-estimer vaut mieux que tripler le budget festif de Puteaux, qui porte trois lignes identiques de 150 000 €.

Autre piège, celui-là purement pratique : la recherche par mots-clés du portail racinise les mots. Chercher « artifice » remonte l'intelligence artificielle, « champagne » remonte Châlons-en-Champagne, et « traiteur » remonte le traitement des déchets. Seuls les codes de nomenclature sont fiables, et c'est sur eux, 9 454 codes nommés, que repose tout ce qui suit. Les codes sont la source, leur regroupement en familles festives est notre décision. Les préfixes sont stricts : 55520000 et non 5552, qui attrapait 2,4 Md€ de restauration collective.

Ce que le chiffre ne dit pas : combien de marchés réels ont été fusionnés à tort. La règle sous-compte, elle ne surcompte jamais.

Exemple
48 781 lignes de marché ont été écartées comme doublons, chez 4 495 acheteurs différents.

Données essentielles de la commande publique, marchés valides, Ministères économiques et financiers · calcul : scripts/site/comptes-publics.py

143 communes dépensent beaucoup et n'ont déclaré aucun marché festif

En prenant le vingtième supérieur du classement, soit les communes à plus de 44,77 euros par habitant, le croisement des deux fichiers coupe la population en deux groupes nets. 46 communes ont un budget élevéet des marchés festifs déclarés : on sait combien, et on sait quoi. 143 communes ont un budget élevé et rien d'autre.

Ce second groupe n'est pas suspect, et il faut le dire avant tout le reste : budget festif élevé et aucun marché festif déclaré. Rien d'irrégulier : sous 40 000 € HT un marché n'a pas à être publié. C'est l'objet précis d'une demande de communication. Une commune peut passer tout son programme d'animations en achats situés sous le seuil de 40 000 € HT, ce qui n'oblige à aucune publication. Cabourg, première du classement, a 71 marchés déclarés, dont aucun ne tombe dans une famille festive. Jonzac, deuxième, en a 1.

Et la couverture de la commande publique dépend d'abord de la taille de la commune, pas de sa volonté de transparence : elle va de 13,5 % sous 500 habitants à 96,2 % au-delà de 50 000. C'est la signature d'un seuil réglementaire, pas d'une opacité.

Part des communes présentes dans les données essentielles de la commande publique, par taille
0 à 500 hab.13,5 % de communes
500 à 2 000 hab.34,5 % de communes
2 000 à 10 000 hab.69,9 % de communes
10 000 à 50 000 hab.93,9 % de communes
plus de 50 000 hab.96,2 % de communes
40 000 € HT : en dessous, un marché n'a pas à être déclaré. Le taux d'appariement global vaut environ 20 % pour cette seule raison, 18 251 communes sur 34 931 comptant moins de 500 habitants. Il monte à 79 % au-dessus de 10 000 habitants

Ce qu'on achète, quand on sait ce qu'on achète

Pour les 46 communes documentées, les deux couches se rejoignent, et la lecture devient brusquement concrète. Leurs marchés festifs se répartissent en six familles, dont la première ne surprendra personne.

Les marchés festifs des 46 communes documentées, par famille
Pyrotechnie, feux d'artifice44 marchés déclarés
Organisation d'événements43 marchés déclarés
Décorations et illuminations30 marchés déclarés
Traiteur et réceptions8 marchés déclarés
Cadeaux et prix6 marchés déclarés
Spectacles, danse, divertissements1 marchés déclarés
Familles constituées par nos soins à partir des codes de nomenclature européenne, jamais des mots de l'objet. Les codes sont la source, leur regroupement en familles festives est notre décision. Les préfixes sont stricts : 55520000 et non 5552, qui attrapait 2,4 Md€ de restauration collective. Le nombre de marchés se compte, leurs montants ne s'additionnent pas : ce sont des plafonds de durées différentes.

Le détail vaut mieux que la statistique. Palavas-les-Flots a commandé pour 144 000 euros de sapins destinés à son village de Noël, sur 48 mois. Ce marché est rangé sous le code 39298910-9 de la nomenclature européenne des marchés publics, dont le libellé officiel, dans les vingt-quatre langues de l'Union, est « Arbre de Noël ». Bruxelles a prévu la case.

Roquefort-les-Pins, elle, a passé un accord-cadre de 48 mois pour « ROTISSERIE BARBECUE », 100 000 euros, et un autre pour « PAELLAS ET PIZZAS », 40 000 euros. Ce sont les objets publiés, mot pour mot. À Gravelines, la ligne la plus modeste du lot est un « EMBRASEMENT DU PHARE - 24 AOUT 2025 » à 1 667 euros, à côté d'un tunnel LED lumineux loué 192 000 euros sur 42 mois. Au Tréport, les sapins de Noël ont été commandés dans le même marché que les fleurs, les bulbes et les produits phytosanitaires, pour 5 000 euros au total.

Deux lignes méritent une mention spéciale pour leur prose administrative. Le Lavandou a déclaré une « Location d'illuminations sans pose (livraison uniquement) » à 51 170 euros, formule qui dit exactement ce qu'elle dit, et un marché dont l'objet publié tient en entier dans « Nouvel Accord Cadre à BDC », 195 000 euros sur 36 mois. Saint-Raphaël, de son côté, a acheté un ciel décoré lumineux pour 222 068 euros et en a loué un pour 115 800 euros, deux marchés distincts, deux codes identiques, la même place du centre-ville.

Une dernière pièce, celle-là tirée de l'ancien régime déclaratif, celui de l'arrêté du 22 mars 2019, dont les lignes n'entrent dans aucun total de ce dossier et ne servent qu'à citer un objet réel : « FOURNITURE DE SAPINS DE NOËL VILLE DE PARIS - LOT 2 », 1 000 010 euros sur 49 mois, au même code « Arbre de Noël » que les sapins de Palavas-les-Flots. Un million d'euros de sapins, et dix euros de plus.

Rien de tout cela n'indique une irrégularité. Ce sont des marchés publics régulièrement déclarés, et c'est précisément pour cela qu'on peut les lire.

Douze objets de marchés festifs, cités tels qu'ils sont publiés

CommuneObjet publiéPlafondDurée
Ville de ParisFOURNITURE DE SAPINS DE NOËL VILLE DE PARIS - LOT 2CPV 39298910-9 · ARBRE DE NOËL · ARRÊTÉ DE 20191 000 010 €49 mois
Palavas-les-FlotsAchat et livraison de sapins pour le village de Noël de la commune de Palavas-les-FlotsCPV 39298910-9 · ARBRE DE NOËL144 000 €48 mois
BayeuxLOT 3 DECORATION INTERIEURE NON PERSONNALISEECPV 39298900-6 · ÉLÉMENTS DÉCORATIFS DIVERS1 144 000 €48 mois
Saint-TropezORGANISATION DE SPECTACLES PYROTECHNIQUES POUR LA COMMUNE DE SAINT-TROPEZCPV 92360000-2 · SERVICES PYROTECHNIQUES648 000 €36 mois
GravelinesFourniture et location d'un tunnel LED lumineux - FOURNITURE ET LOCATION DE DÉCORATION ET D'ÉQUIPEMENTS POUR LE MARCHÉ DE NOËL 2025, 2026, 2027 et 2028CPV 39298900-6 · ÉLÉMENTS DÉCORATIFS DIVERS192 000 €42 mois
Roquefort-les-PinsROTISSERIE BARBECUECPV 55520000-1 · SERVICES TRAITEUR100 000 €48 mois
Trith-Saint-LégerCadeaux pour la fête des mères 2024CPV 18530000-3 · CADEAUX ET PRIX63 035 €2 mois
Roquefort-les-PinsPAELLAS ET PIZZASCPV 55520000-1 · SERVICES TRAITEUR40 000 €48 mois
Le LavandouLocation d'illuminations sans pose (livraison uniquement)CPV 39298900-6 · ÉLÉMENTS DÉCORATIFS DIVERS51 170 €36 mois
Loon-PlageDENREES APERITIVES PAR UN TRAITEUR - COCKTAILS ET RECEPTIONS - FOURNITURE ET LIVRAISON DE DENRÉES PAR UN TRAITEURCPV 55520000-1 · SERVICES TRAITEUR20 000 €12 mois
Le TréportSAPINS - APPROVISIONNEMENT EN FLEURS, PLANTATIONS, BULBES, SAPINS ET PRODUITS PHYTOSANITAIRES POUR LES BESOINS DE LA COMMUNECPV 39298910-9 · ARBRE DE NOËL5 000 €12 mois
Gravelines166MS07 - EMBRASEMENT DU PHARE - 24 AOUT 2025CPV 92360000-2 · SERVICES PYROTECHNIQUES1 667 €1 mois

DONNÉES ESSENTIELLES DE LA COMMANDE PUBLIQUE, MARCHÉS VALIDES · UN PLAFOND N'EST PAS UNE DÉPENSE ET NE SE SOUSTRAIT D'AUCUN COMPTE · LA PREMIÈRE LIGNE RELÈVE DE L'ANCIEN RÉGIME DÉCLARATIF ET N'ENTRE DANS AUCUN TOTAL · CALCUL LFA

UNE TROUVAILLE QUI N'EST PAS DANS CES CHIFFRES

Chercher par codes plutôt que par mots-clés a un effet de bord inattendu : cela fait remonter les marchés dont le code est manifestement faux. Le plus gros que nous ayons trouvé est un accord-cadre de 1 303 683 € de fourniture de gaz naturel, rangé sous le code « Services pyrotechniques », c'est-à-dire au rayon des feux d'artifice. Du gaz de ville sous une fusée de 14 juillet.

Nous en avons vérifié trois de ce genre, un par un, et nous les avons écartés des familles festives de ce dossier pour ne pas fausser ses totaux. Ils sont racontés à part, avec les quatre marchés déclarés à 2 147 483 647 € exactement, un montant qu'aucun acheteur n'a négocié et qu'un ordinateur a produit tout seul, dans « Du gaz en feu d'artifice ».

Ce que nous ne savons pas, et comment nous allons le chercher

Il faut finir par la frontière du sujet, parce qu'elle est nette. Ces fichiers disent combien a été dépensé sur un compte. Ils ne disent jamais ce qui a été acheté. Le plancher publié est la ligne collectivité × exercice × compte × fonction. En dessous se trouvent le grand livre, l'état de l'actif et les mandats de paiement, qui ne sont publiés nulle part et que le livre III du code des relations entre le public et l'administration rend communicables.

La commande publique s'approche d'un cran, et s'arrête à 40 000 € HT. C'est pour cette raison que les 143 communes du haut de classement sans marché festif déclaré ne sont pas une liste de suspects : c'est une liste de 143 demandes de communication à l'objet précis, chacune portant sur les mandats de paiement d'une ligne comptable identifiée, dans une commune identifiée, sur un exercice identifié. Le livre III du code des relations entre le public et l'administration les rend communicables.

LA SUITE SE JOUE AU GUICHET

Ce dossier s'arrête où s'arrête l'open data. Le cran suivant ne s'obtient pas en téléchargeant un fichier, il s'obtient en le demandant : le livre III du code des relations entre le public et l'administration ouvre droit aux mandats de paiement d'une ligne comptable identifiée. Nous déposerons ces demandes, et nous publierons ce qu'elles donnent, réponses comme refus.

Suivre nos demandes de communication

La page de suivi porte chaque demande, sa date, le service saisi et son issue. Une demande en cours n'y montre pas son objet : l'annoncer laisserait le temps de préparer la réponse.

Ce que ce dossier ne dit pas, enfin, et qui mérite d'être répété : il ne dit pas qu'une commune dépense trop. « fêtes et cérémonies » porte le feu d'artifice du 14 juillet, les colis des anciens et la fête de la musique : le chiffre est vrai, la lecture morale ne l'est pas. Une station qui finance un programme d'animations en juillet et en août dépense pour une population qui n'apparaît dans aucun dénominateur, et une commune qui pose tout sur le compte agrégé applique une règle qu'elle n'a pas écrite. Ce qu'il dit est plus étroit et plus solide : entre la commune médiane et la première du classement, l'écart est de 16,7 fois, et dans 25 024 communes sur 34 518, la comptabilité publique ne permet pas de savoir ce que la ligne finance.

REFAIRE LE CALCUL

Tous les chiffres de cet article viennent des fichiers publics listés en bas de page. La page données de la rubrique Dépenses festives donne les tableaux complets, leur date de mise à jour et le fichier source.

Voir les données : Dépenses festives

Méthode et limites

Tous les chiffres de cet article sont calculés par un script à partir des fichiers publics listés ci-dessous, récupérés le 21/08/2026. Aucun n'est saisi à la main.

Le périmètre fait partie du chiffre. Communes uniquement, principal seul (cbudg = 1), exercice 2024. Les autres catégories de collectivités figurent dans un graphique à part et ne sont jamais additionnées aux communes : une même dépense peut être portée par une intercommunalité pour le compte de ses communes membres.

Le regroupement en familles est éditorial. Regroupement éditorial de comptes du plan comptable, pas une nomenclature officielle. Les codes et leurs libellés sont sourcés, la famille dans laquelle on les range est notre décision. Les comptes 6237 et 6257 ne sont nommés par aucune des nomenclatures chargées et restent affichés par leur code.

Un solde de classe 6 est une dépense, pas un stock. En classe 6 la balance d'entrée est nulle, donc le solde vaut la dépense de l'exercice ; en classe 2 le solde est la valeur brute cumulée depuis l'origine et l'achat de l'année est le champ acquisitions. C'est ce qui autorise à lire ces soldes comme les dépenses de l'exercice.

Les deux couches ne se mélangent jamais. Les comptes d'un côté, les marchés publics de l'autre. Un compte porte la dépense de l'exercice, un marché un plafond souvent pluriannuel et parfois jamais consommé. Ces deux montants ne s'additionnent pas, ne se soustraient pas et ne se divisent pas l'un par l'autre : ce sont deux couches, comme le parc de radars et les flashs de 2017. Aucun classement, aucun ratio de cet article n'utilise un montant de marché.

Une absence n'est pas un zéro. Une collectivité absente d'un compte fin le déclare au niveau agrégé, elle ne dépense pas zéro. De même, une commune sans marché festif déclaré n'a pas forcément renoncé à la fête : sous 40 000 € HT, un marché n'a pas à être publié.

Le nuage de points n'est pas complet. 19 des 3 773 communes classées ne sont pas couvertes par la base logement du recensement et sortent du graphique comme du coefficient de corrélation. Elles restent dans la distribution et dans le classement. Les communes non appariées à la population légale ont fusionné depuis l'exercice et ne figurent plus dans la liste du jour : elles restent dans les totaux et les classements en euros, elles sortent des seuls ratios par habitant.

Une corrélation n'est pas une cause. Le coefficient publié, +0,42, mesure une association linéaire entre la part de résidences secondaires et la dépense par habitant. Un coefficient de Pearson mesure une association linéaire et rien d'autre. Il ne dit pas la cause, et il ne dit rien du haut du classement, où se trouvent justement les valeurs intéressantes.

Nous ne nommons aucune personne. Les communes sont nommées, ce sont des données publiques, et aucune ligne de cet article ne qualifie la gestion d'une commune ni ne relève d'irrégularité : nous publions ce que les comptes disent, et ce qu'ils ne disent pas.

TÉLÉCHARGER LES DONNÉES

L'agrégat qui porte les chiffres de cette page, tel que notre script l'a écrit, sources et licence comprises.

Sources

27 FICHIERS SOURCES, HORODATÉS ET EMPREINTÉS EN SHA-256 · AGRÉGAT GÉNÉRÉ LE 21/08/2026